Vélo : Titanium Man
Distance : 609.00 km
Durée : 1489 min.
Samedi matin, il est 4h30. Je suis en avance. J’attends les autres participants dans ma voiture en repensant à ce qu’il faut faire (et surtout ne pas faire) pour que cette «randonnée» soit la plus agréable possible. Le plan de match est simple : Rouler à mon rythme et minimiser les pauses aux contrôles. J’ai réservé une chambre à Lennoxville mais il n’est pas exclu que je continue si le mental y est. Nous serons 5 pour cette édition. Il fait bon, la météo est de notre bord 15-20 C avec vent de l’ouest. Let’s go!
Nous roulons groupés jusqu’à Richelieu puis je décide d’accélérer le rythme. Le trajet est dans mon Garmin (c’est celui que Carl a fait il y a 2 ans) donc je n’ai qu’à suivre la ligne. À Richelieu le GPS me dirige vers la 112 alors que j’aurais du tourner à gauche après le pont. Première erreur, la 112 c’est en revenant pas en allant… Le temps de sortir les papiers pour vérifier et je me retrouve bon dernier. Je rejoins Martin et Jean qui sont justement en train de se dire que je roule vite en maudit. Coucou je suis derrière vous!
Au premier point de controle je prends la décision de partir avant les autres et donc de rouler seul, un peu pour exorciser les démons de la première édition. Je perd un peu de temps dans Granby à cause de mon GPS qui fait des siennes. Il y a ce bug du trajet qui disparait mystérieusement et je dois changer d’écran pour le faire réapparaitre. Sur les lignes droites ça passe mais en milieu urbain ça peut nous faire passer tout droit.
1er contrôle – St-Césaire
Après Granby on roule sur la 112 un peu trop longtemps à mon goût puis le trajet nous fait emprunter la 141 vers le nord, c’est ici qu’on rencontre les premières bosses. On passe devant le centre d’Arts d’Orford (souvenir d’une belle sortie avec Lise), suit une longue descente vers Magog puis direction Ayer’s Clff, beau secteur où on longe le lac Massawippi. À une vingtaine de km de Compton j’ai droit à un mini bonkage, je réduit le rythme et je me met à rêver de bouffe et pas nécessairement à de la bouffe santé…
Finalement ce sera un sandwich de dépanneur (encore), une crème glacée, un jus et un rouleau de sweetarts que je réserve pour la route des sommets. La pause dure 20 minutes à peu près et je suis surpris de ne pas voir Martin et Jean arriver.
2ième contrôle à Compton
À partir de Compton ça commence à grimper. J’ai souvenir de mon premier 600 où j’étais pris avec des crampes pas possible mais là tout va bien. Je suis dans ma bulle et je roule à un bon rythme mais toujours en mode économie. Une voiture me dépasse et je vois un pingouin qui me fait des signes par la fenêtre du passager. C’est Lorraine et Georges de St-Malo qui sont venus me saluer et franchement je suis touché par cet accueil. Ils arrivent de Compton et n’ont pas vu d’autres randonneurs sur la route ce qui m’étonne beaucoup.
Sur la 208 dans le bout de MartinVille
Le fan club estrien
La mascotte!
Je poursuis ma route avec un fort vent d’ouest dans le dos puis à partir de la 253 je l’ai de côté. Il souffle fort parce que les rafales me poussent de côté. Je commence à sentir un petit quelque chose au genou droit du côté extérieur mais je n’en fais pas de cas sur le coup. Quand j’arrive au 3ième contrôle de Cookshire, la petite douleur s’est assez intensifiée pour que ça commence à me tracasser sachant que je suis au pied de la route des sommets. Lise me demande si j’ai changé de quoi à mon vélo. Oui j’ai reculé la selle de quelques mm la semaine d’avant… Je replace le tout comme c’était mais le mal est fait. Toujours pas de nouvelles de Jean et Martin. Ont-ils eu un pépin mécanique?
In action sur la 208 (Photo de Lorraine)
En sortant de Cookshire je suis à 43 km de Notre-Dame des Bois qui est presque au sommet de la route. Mon souvenir de cette longue montée se résumant à crampes et déshydrations je suis donc surpris de la trouver presque facile à faire cette fois-ci. Bon il y a quand même des petites difficultés techniques à partir de NDB mais un fois sorti du village il reste 2 bosses puis on descend jusqu’à Woburn. Yeah! des km gratuits…
La route des sommets
J’arrive au 4ième contrôle avec une moyenne de 24.4 km/h à partir de Cookshire ce qui est plus que bon compte tenu du relief. J’ai prévu une pause d’au moins une heure pour pouvoir charger mon Garmin et mon Cellulaire adéquatement. Ici je passe en mode Soupe au poulet Tim Horton, beigne au chocolat et café. Pas mal certain que le beigne trempé dans la soupe aurait été bon mais je n’ai pas essayé. Après une heure je suis sur le point de partir quand je vois arriver Martin et Jean. Je suis content de les voir arriver, la nuit sera moins longue en groupe. Ils ont du arrêter 2 fois pour des ennuis mécanique et ont pris un long dîner à Magog ce qui explique la différence de temps. Nous repartons vers 21h30 ce qui me fait une longue pause de 2 heures, que du bon pour mon genou.
4ième contrôle à Lac Megantic
Le mal de genou est maintenant une coche plus élevé. Je ne peux plus monter les côtes debout sur les pédales et je sens une petite douleur à chaque tour de pédale. Je met un gros bracket quand c’est possible pour réduire le RPM parce que c’est la flexion qui est en cause donc plus je mouline plus je favorise l’inflammation. Je commence à penser que le brevet risque de s’arrêter à Lennoxville. Je commence aussi à trouver ça long et j’ai hâte d’arriver à Lennoxville. À ce point-ci, continuer sans arrêter pour dormir n’est plus une option. On punch vers 2h00 du matin au Tim Horton de Lennoxville (ils devraient nous payer une commandite ceux-là), puis le temps de se rendre aux résidences, avaler un sandwich et un beigne (en même temps?) et prendre une douche ça fait que je suis au lit vers 2h45.
Rêves bizarroïdes.
Le cadran sonne à 6:00. Il est loin le cadran, le son semble provenir d’un autre espace-temps…
Petit-Déjeuner fourni avec la chambre en présence de joueurs des alouettes qui ont un camp d’entrainement. Je leur ai piqué de la bouffe sans savoir que le comptoir du milieu leur était réservé. Bonne nouvelle, la douleur s’est amoindrie. Au déjeuner j’applique de la glace et je décide de poursuivre en me disant que j’annulerai si necessaire. On croise une pharmacie et j’achète des anti-inflammatoires et de la glace en sachet qu’on écrase et qui produit mystérieusement du froid. La douleur revient lentement mais sûrement. On mange au IGA de Cowansville et la salle à dîner est au 2ième. Je dois monter les marches une jambe à la fois… Une autre petite compresse de glace…
5ième contrôle à Cowansville
En sortant du IGA, il pleut. C’était à prévoir puisque les probabilités de pluie étaient de 90% pour l’après-midi. On ne verra jamais le 10%… Les 90 derniers km se sont donc effectué sous une pluie froide continue. J’avais un imper mais rien pour protéger mes pieds ce qui fait qu’après quelques km mes souliers, mes bas, mes pieds étaient complètement détrempés. Le genou est douloureux mais ça ne m’empêche pas de suivre mes 2 collègues qui ont un regain d’énergie. Par bout on roule au dessus de 35 km/h sur de longues portions. Le problème c’est quand on doit arrêter aux lumières car j’ai maintenant de la difficulté à clipper mon pied droit et les décollages sont fastidieux. Heureusement il ne vente pas ce qui constitue une sorte de Miracle pour la Montérégie…
On arrive au dernier contrôle à 16:49 ce qui donne un temps total de 35:49.
Ce matin je suis capable de m’assoir (un peu sensible quand même), la douleur au genou est presque disparue (cas de glace aux heures pour réduire l’inflammation) et je me sens relativement en forme. Life is good! (Et Lise is good comme dirait Bruno puisque j’ai été accueilli avec une bonne lasagne)














