Vélo : Trek 2300
Distance : 401.38 km
Durée : 1080 min.
Trajet : Voir le parcours
Nous sommes 3 à faire la flèche (Pier-Luc, Mathieu et moi). Il est 8:00 du matin. Première constatation. La portion en poussière de roche du petit train du nord s’est sérieusement dégradée depuis quelques années. Jadis, c’était très plaisant à faire avec un vélo de route chaussé en 23mm mais plus maintenant. Plusieurs sections sont carrément dangereuses avec des pneus étroits, le pire bout étant les 20 derniers km avant Labelle. La roue avant dérape dans les bancs de sable. Ça promet pour le retour la nuit. On arrête à Mont-Tremblant pour le lunch. La sandwicherie est dans un magasin de vélo. En Europe c’est fréquent ce genre de concept, au Québec c’est la première fois que je vois ça. Très sympa.
Une fois passé Labelle, la piste est asphaltée. Il est grand temps car notre moyenne n’est pas très bonne. Par endroit il y a de sérieuses bosses et des roches qui percent le bitume mais elles sont bien identifiées de peinture orange fluo. On arrive à Mont-Laurier vers 18:00. Un peu avant il a fallu faire des acrobaties pour franchir un pont fermé. En l’absence d’indications par où passer on décide de faire fi des panneaux nous interdisant le passage.
Au retour vers 21 heures on passe en mode nuit. Mes 2 équipiers sont très bien équipés. Mathieu en bon randonneur, a un moyeu générateur Schmidt et une lampe à dell supernova qui éclaire très bien la route jusqu’à 30 pieds en avant. Je roule derrière lui avec ma Cateye qui éclaire rien pantoute. Derrière moi, Pier-Luc me suit avec une lampe de poche trouvée je ne sais où sur Internet et qui éclaire autant qu’un char! (sans farces) Bref on est bien équipé pour voir les portions dangereuses bien identifiées heureusement au moyen d’une peinture fluo qu’on voit de loin parce qu’à 30 km/h, c’est pas une bonne idée de frapper une roche qui sort de 6 pouces du sol. On arrive à Labelle vers 23:30. On a un peu plus de 6 heures pour faire les 75km qui restent avant le dernier checkpoint car il doit nous rester 25km à faire dans les 2 dernières heures de ce 24 heures.
On roule maintenant dans la portion merdique de la piste de gravelle. Cette portion du parcours restera à tout jamais gravée dans ma mémoire. Je vois les arbres illuminés à l’avant. Sur le côté c’est le noir total. Je ne vois pas vraiment sur quoi je roule. Je dois suivre scrupuleusement Mathieu pour ne pas sortir du chemin et me ramasser dans la portion molle de la piste. Je sens ma roue avant qui dérape par endroit. À deux reprises j’ai failli l’échapper comme on dit. C’est aussi glissant que rouler l’hiver dans une piste enneigée. C’est surréaliste. Quand ça grimpe c’est pas trop mal car on ralentit beaucoup mais à partir de St-Faustin ça descend et là on roule. Je ne sais pas à combien mais les feuilles passent vite. À un moment donné on voit une bestiole qui bouge dans la piste. On fout les freins et on tombe nez à nez sur un Orignal qui est à moins de 30 pieds de nous et qui ne sait plus sur quel pied danser pour s’enfuir. Heureusement il n’a pas décidé de sortir de notre côté parce que c’est gros en batinse un Orignal!
On arrive au checkpoint à 4:30. On a 1h30 à rien faire. Idéalement il faudrait dormir mais il fait 5 degrés et je suis complètement gelé. Je m’installe dans un coin avec un imper en guise de couverture et dès que je ferme les yeux je tombe dans un sommeil profond jusqu’à 6:00. Le garage Esso est ouvert. Un petit café, on signe les cartes et on repart. Il nous reste 25 km à faire. Le soleil se lève, on croise quelques chevreuils surpris par notre présence. On arrive à St-Jérome vers 7h30. On a droit à tout un accueil concocté par Miss Targa, Hoan et Diane. Mathieu et Pierre-Luc me diront qu’ils n’ont jamais terminé un brevet de cette façon! Quelle expérience. J’ai plein de lésions autour du cuissard mais rien de majeur. Je suis encore capable de m’assoir sur une chaise sans grimacer. Maudit qu’il fait beau aujourd’hui!














